Cette infolettre vous a été transférée ? Abonnez-vous pour la recevoir directement.

#01|Positionnement|7 min

Vous n'êtes pas trop cher

La perception que vous êtes « trop cher » n'est pas un problème de tarification. C'est un problème de positionnement. Voici comment le corriger avant votre prochaine proposition.

J'ai écrit cette édition après avoir entendu, pour la énième fois, un consultant senior me dire « mes prospects trouvent que je suis trop cher ». La réponse n'est presque jamais de baisser les prix. C'est de changer la conversation. La section sur le positionnement ci-dessous est le cadre que j'utilise avec chaque consultant qui me pose cette question.

Francis Beaulieu

Francis Beaulieu

Pourquoi c'est important pour vous maintenant

Selon le rapport 2025 de Hinge Research Institute, les firmes de consultation à haute croissance facturent en moyenne 3,1 fois plus que les firmes à faible croissance. La différence n'est pas la qualité des livrables. C'est la clarté du positionnement. Les firmes à haute croissance ont un client idéal défini, un problème spécifique qu'elles résolvent, et un cadre de référence qui rend leur tarification proportionnée. Les autres se présentent comme « consultants en gestion » et se demandent pourquoi le marché les traite comme une commodité.

Si vos prospects négocient systématiquement vos honoraires, le problème n'est pas votre prix. C'est que vous êtes comparé au mauvais groupe de référence.

Tarification : la proposition à trois options

L'action : Restructurez votre prochaine proposition en trois options distinctes au lieu d'une seule. Option 1 : la portée minimale (diagnostic uniquement). Option 2 : la portée recommandée (diagnostic + feuille de route). Option 3 : la portée premium (diagnostic + feuille de route + accompagnement d'implantation sur 3 mois).

Pourquoi ça fonctionne : La recherche de Blair Enns dans Pricing Creativity démontre que les propositions à trois options augmentent la valeur moyenne des mandats de 28 % par rapport aux propositions à option unique. Le mécanisme est double : (1) l'option 3 ancre la perception de valeur, rendant l'option 2 proportionnée, et (2) le client exerce un choix au lieu de prendre une décision binaire oui/non.

Le piège à éviter : Les trois options doivent résoudre le même problème à des profondeurs différentes. Ce ne sont pas trois projets différents. C'est le même résultat avec des niveaux d'accompagnement différents.

Cette semaine : Prenez votre prochaine proposition en cours. Déconstruisez-la en trois niveaux de profondeur. Tarifez l'option 1 à 60 % de vos honoraires habituels, l'option 2 à 100 %, et l'option 3 à 175 %.

Ventes et développement : la question qui disqualifie

L'action : Dans votre prochaine conversation de découverte, posez cette question dans les 10 premières minutes : « Si nous résolvons ce problème, qu'est-ce qui change concrètement pour l'organisation dans les 12 prochains mois ? »

Pourquoi maintenant : La réponse du prospect vous dit tout. S'il peut articuler un impact précis (« on récupère 2 M$ de marge »), vous avez un acheteur sérieux avec un problème chiffré. S'il reste vague (« ça serait bien d'améliorer les choses »), vous avez un explorateur qui ne signera pas. La recherche de Gong.io montre que les conversations de découverte où l'acheteur quantifie l'impact dans les 15 premières minutes se concluent à 2,8 fois le taux des autres.

Le bénéfice caché : Cette question ne sert pas seulement à qualifier. Elle entraîne le client à articuler la valeur de votre intervention dans ses propres mots, ce qui rend la présentation des honoraires infiniment plus facile.

Cette semaine : Écrivez cette question sur une fiche et placez-la devant vous pour vos trois prochaines conversations de découverte. Notez chaque réponse. Après trois conversations, vous verrez le patron.

Réseaux de collaboration : la règle des trois introductions

L'action : Cette semaine, présentez deux personnes de votre réseau qui devraient se connaître. Pas parce que ça vous rapporte quelque chose. Parce que la connexion crée de la valeur pour les deux parties.

Le mécanisme : Keith Ferrazzi, auteur de Never Eat Alone, argumente que la monnaie la plus précieuse dans les réseaux professionnels n'est pas la réciprocité directe. C'est la générosité structurelle : la capacité de connecter des personnes de façon pertinente et désintéressée. Les consultants qui font trois introductions par semaine deviennent des nœuds centraux dans leur réseau. Les opportunités affluent vers les nœuds.

Le format : Un courriel de trois phrases. « [Prénom A], je te présente [Prénom B] qui [contexte pertinent]. [Prénom B], [Prénom A] est [contexte pertinent]. Je crois qu'une conversation de 20 minutes sur [thème partagé] serait mutuellement utile. »

Cette semaine : Identifiez deux paires de personnes dans votre réseau qui bénéficieraient de se connaître. Envoyez les présentations. Pas de suivi nécessaire. Le geste parle de lui-même.

Création de valeur : positionnez le problème, pas le livrable

L'action : Réécrivez la description de votre service principal en commençant par le problème du client au lieu de votre livrable. Pas « nous offrons des diagnostics opérationnels ». Plutôt « les manufacturiers de taille moyenne perdent en moyenne 8-12 % de marge à cause de processus non optimisés. Nous identifions précisément où. »

Pourquoi ça change tout : April Dunford, auteure de Obviously Awesome, démontre que le positionnement commence par le contexte du client, jamais par les capacités du fournisseur. Quand vous positionnez le problème en premier, vous cadrez la conversation autour de la valeur au lieu des intrants. Le client comprend pourquoi il a besoin de vous avant de savoir ce que vous faites.

Le test : Lisez votre site web, votre profil LinkedIn et vos trois dernières propositions. Combien de phrases commencent par « nous » vs. « vous » ? Si le ratio penche vers « nous », votre positionnement est centré sur vous, pas sur le client.

Cette semaine : Réécrivez les trois premières phrases de votre présentation pour commencer par le problème du client. Testez sur un collègue. Si sa réaction est « ah oui, c'est exactement mon enjeu », vous avez trouvé le bon angle.

IA : bâtissez votre argumentaire de valeur avec l'IA en 45 minutes

L'action : Utilisez Claude pour construire un argumentaire de valeur structuré pour votre service principal. Alimentez l'IA avec : (1) votre type de client idéal, (2) le problème principal que vous résolvez, (3) les 5 derniers résultats mesurables de vos mandats, (4) les alternatives auxquelles le client compare votre service.

Pourquoi ça va plus loin que l'utilisation de base de l'IA : La majorité des consultants utilisent l'IA pour rédiger du texte marketing. Le jeu avancé consiste à utiliser l'IA comme miroir stratégique pour stress-tester votre positionnement. Après avoir alimenté vos données, demandez : « Si tu étais un VP Opérations avec un budget de 100 000 $ et trois options, pourquoi choisirais-tu cette offre plutôt que les alternatives ? » Puis : « Quelles objections soulèverais-tu ? » L'IA simule le processus décisionnel de l'acheteur et expose les failles de votre argumentaire.

La recherche d'Ethan Mollick à Wharton, publiée sur One Useful Thing, montre que les professionnels qui utilisent l'IA pour stress-tester leurs arguments prennent des décisions stratégiques évaluées 23 % plus robustes par des panels indépendants, parce que l'IA force l'articulation d'hypothèses implicites.

Le processus : Commencez par : « Tu es un acheteur de services-conseils sophistiqué dans [industrie]. Évalue cette proposition de valeur : [votre pitch]. Quelles questions poserais-tu ? Quelles alternatives considérerais-tu ? Quel prix semblerait juste ? » Itérez jusqu'à ce que l'IA ne trouve plus de failles. Exportez le résultat comme base de votre prochain pitch deck.

Cette semaine : Passez 45 minutes avec l'IA pour déconstruire votre argumentaire de valeur. Vous serez surpris par les angles morts que vous découvrirez.

Vous aimez ce que vous lisez ? Recevez ceci dans votre boîte de réception chaque mardi.

En vous abonnant, vous acceptez de recevoir une infolettre hebdomadaire de Cogni6 inc. (Québec, Canada). Vous pouvez vous désabonner en tout temps.

Gratuit. Sans pourriel. Désabonnement en un clic.

Ce site utilise des cookies statistiques et de mesure publicitaire (Google Analytics, Google Ads) pour améliorer votre expérience. Pas de reciblage. Pas de suivi social. Politique de confidentialité